• Alénya mémoire d'un village

    Jour de fête sur la place du village

    Alénya mémoire d'un village

    1950 - Les viticulteurs manifestent à Perpignan 

    La première mention du toponyme qui a donné Alénya a été trouvée dans un manuscrit datant de 904 et faisant allusion à des salines au bord de l'étang, stagno alignanum. Les hommes de l'âge de fer semblent être venus s'installer sur une petite butte au bord de l'étang qui était beaucoup plus étendu qu'aujourd'hui, à l'emplacement actuel du lieu-dit Las Motas. Cette population devait être attirée par les ressources de l'étang et sans doute de la mer.

    Alénya viendrait du nom d'un propriétaire, Elenius, Alenus, Alienus ou Alinius, ayant vécu à l'époque roumaine. Cette occupation romaine est confirmée par les découvertes archéologiques faites dans la plaine autour d'Elne et plus particulièrement sur le sol d'Alénya. La forme Alenianum, la première mention du terroir, est une forme adoptée au Moyen âge.

    Naissance du village

    Du Xème au XIIIème siècles, de nombreux changements vont bouleverser la vie des populations rurales. L'habitat rural se fixe et l'homme se rend maître du sol. Les réseaux des chemins, des fossés et des limites administratives datent de cette époque.

    On ne trouve durant près de siècles, de 981 à 1144, aucun document écrit sur le village. Du XVIème au XVIIème siècles, des changements importants vont se produire à Alénya. Au centre du village, on trouve l'église, le cimetière et la place : les maisons ceinturent le tout. En 1593, la communauté décide de réaliser un emprunt pour assurer la reconstruction de l'église devenue trop petite. De nouvelles maisons sont construites : on trouve au rez-de-chaussée la remise ou l'écurie, au premier étage l'habitation et le paller pour conserver foin et céréales.

    L'extension du village s'effectue vers l'est, sans doute en raison des voies de communication principales. Les rues sortent du village depuis la place de l'église et le long de celles-ci, les maisons,

    cortals (bergeries) et remises grandissent. À l'intérieur du noyau originel, des cours ou patus servent de poulaillers. Des places secondaires apparaissent. Les rues n'ont pas de nom : on les désigne par des explications que tout le monde comprend comme « la rue devant l'église », « la rue de Cayrol » ou encore « la rue de la procession » qui existe toujours aujourd'hui même si l'on n'y fait plus aucune procession...

    De la terre française à la République

    Alénya devient terre française en 1659, comme tous les villages roussillonnais. Suite aux guerres, confiscations des biens, épidémies de la peste (1651-1653)... la commune est dans un bien triste état. Aucune récolte n'a été faite depuis cinq ans.

    Après le traité des Pyrénées en 1659, mettant fin aux hostilités entre la France et l'Espagne et restituant le Roussillon aux français les habitants d'Alénya continuent à vivre selon les coutumes et traditions catalanes.

    Juillet 1871, les républicains enregistrent une victoire aux élections, 84 électeurs sur les 129 inscrits dans la commune votent: 62 voix se portent sur le candidat républicain Escarguel contre 22 sur son rival royaliste Mac Mahon.

    En 1881, le 14 juillet devient fête nationale : les conseillers votent un crédit de 100 francs pour cette fête. Durant cette période, trois journaux se partagent la faveur des électeurs et des lecteurs : L'Indépendant est le journal des opportunistes, L'Éclaireur celui des radicaux, Le Roussillon celui des conservateurs catholiques et royalistes.

    L'école de la République devient gratuite, laïque et obligatoire jusqu'à 12 ans : la commune doit voter des impositions extraordinaires pour couvrir les dépenses de l'école dans la maison de la mairie. Malgré tout, les instituteurs se plaignent du manque de mobilier. En 1879, 40 filles sont scolarisées : l'école des filles est construite en 1887 grâce à un emprunt de 14400 francs de la mairie et une contribution de l'État. Le village s'agrandit et les chemins vicinaux sont mal entretenus : une prestation en nature de trois journées données par chaque habitant est établie pour les réparer.

    Des bouleversements

    La fin du XIXème siècle voir Alénya et son territoire transformés. La mévente du vin entraîne au début du XXème siècle de nombreuses crises qui touchent son économie. Le village vit replié sur lui-même et, outre les jours d'élection, connaît une grande unité. Le café est l'endroit où se retrouvent les hommes pour lire la presse, jouer aux cartes et diffuser les nouvelles. L'éclatement de cette unité arrive avec l'électricité, la radio et les premières automobiles. Dans la première moitié du XXème siècle, l'essor de la viticulture se traduit par l'édification de grands chais et l'émergence d'un prolétariats d'ouvriers agricoles qui lors des crises viticoles en 1904 ont l'appui de l'opinion publique.

    Quelques grandes dates

    904 : Première mention écrite du toponyme ayant donné au village son nom, stagno Alignanum

    1882 : Lors de la construction de la mairie, sous le Second Empire, une horloge est installée. Usagée, elle est remplacée en 1882 par une horloge aux deux corps de rouage. Une cloche de 1200 kg en cuivre et en étain lui est adjointe. Elle servira fidèlement le village jusqu'en 1930.

    1892 : La commune achète une pompe à incendie, de nombreux feux faisant des dégâts dans les greniers à foin. La même année, les lois devenant de plus en plus complexes, un dictionnaire municipal en deux volumes est acheté.

    1877 : L'impôt sur les chiens rapporte 86 francs.

    1904 : Le 18 février, le syndicat des travailleurs agricoles est crée. Il demande que l'on emploie des hommes de la commune à la place des Espagnols. Ce bras de fer avec les propriétaires durera jusqu'à la fin de l'année et les ouvriers obtiendront gain de cause.

    1914 : Le 3 août, les jeunes gens du village apprennent l'ordre de mobilisation générale. Tout le travail est suspendu. Les réservistes arrivent à Perpignan en chantant La Marseillaise.

    1915 : Alénya participe au grand emprunt de la Défense nationale

    1919 : Le conseil municipal vote une somme pour élever le monuments aux Morts.

    Article paru dans l'Indépendant

     


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