• Donnezan Charles et Albert

    Depuis 160 ans, les docteurs Donnezan soignent les maux des Perpignanais. Mais pas seulement, Charles et Albert se distinguèrent aussi par leurs travaux scientifiques qui furent reconnus et honorés.

    A Perpignan, une rue porte le nom Des Docteurs Donnezan et un rond-point celui d'Albert Donnezan. Mais combien sont-ils les Perpignanais capable de donner une explication plausible à ces dénominations ? Sans peu nombreux et c'est bien naturel puisque ces médecins là sont décédés depuis longtemps. Pourtant, encore aujourd'hui, des Donnezan exercent la médecine à Perpignan ce qui sera sans doute un record de longévité difficile à battre.

    Deux de ses fils deviendront médecins : Charles et Albert

    C'est en 1854 que Charles Florentin Donnezan, né en 1802 à Mirepoix (Ariège) s'installe comme médecin à Perpignan. Ses parents, propriétaires fonciers, descendent des Donnezan, du Pays des Donnezan, dénommé aussi le Québec Ariégeois pour la beauté de ses paysages. Il a d'abord été médecin-major militaire, fait à ce titre chevalier de la Légion d'Honneur mais tenu à adopter, pour des raison de santé, une activité sédentaire. C'est à Perpignan qu'il décédera en 1874. Deux de ses fils deviendront médecins : Charles et Albert. Ce sont eux qui ont été honorés, nous verrons pourquoi, et une rue porte leur nom.

    Charles

    Il naît à Perpignan le 2 septembre 1841 au domicile familial, rue Sainte-Catherine. Après de brillantes études au lycée de Toulouse, il est reçu à 19 ans à l'École de Médecine Militaire de Strasbourg et obtient le grade de docteur en 1864. Aussitôt affecté à Constantine (Algérie), il est nommé aide-major en 1865. De retour en métropole, après un passage à l'ambulance du Vésinet, le voici chirurgien en chef de l'armée de Bretagne lors de la guerre de 1870. La paix signée, il sera successivement nommé médecin-major de 2ème classe au 17ème puis 27ème bataillon de chasseurs et enfin au 122ème d'infanterie.

    En 1877, à 36 ans, il quitte l'armée et vient s'établir médecin à Perpignan. Il avait auparavant épousé à Céret en 1874 Marie Vinyes. Le père de son épouse est banquier et la sœur de Marie, Louise, est mariée avec Albert Saisset, homme de Lettres et poète renommé, utilisant pour ses publications en catalan le pseudonyme Oun Tal. Brillant d'esprit, Charles s'adonna aux études historiques et devint membre influent de la SASL (Société Agricole Scientifiques et Littéraire des Pyrénées-Orientales) où i l animait la section scientifique et archéologique. Il fut à l'origine de la découverte de sépultures préhistoriques et rédigea un mémoire à leur sujet. Se sachant atteint d'un mal incurable, il ne cessa pourtant jamais de travailler et de soigner ses patients, en vertu de sa vocation première. C'est à son domicile, entouré des siens, qu'il décède le 23 avril 1888, à l'âge de 47 ans. Il laisse trois enfants en bas âge : Marie-Jeanne née en 1875, Edmond, né en 1877 et Gabrielle, née en 1879. Aucun d'entre eux ne fera médecine.

    Un petit-fils d'Edmond, Bernard, né en 1950, sera médecin et épousera Hélène Simon, elle-même médecin.

    Albert

    Comme son frère Charles, il naît le 14 octobre 1846 au domicile familial de la rue Sainte-Catherine. Médecin dès 1872, il exercera à Perpignan pendant plus de quarante ans. Le 30 avril 1877, il épousera à Perpignan Louise Joséphine Bocamy, dont le père est également médecin. De leur union naîtront deux garçons, Albert en 1879 et René en 1887, qui seront aussi médecins. Mais sa vie extra-médicale est des plus riches. Membre – comme son frère – de la SASL, il entre dans la section Sciences et en deviendra le directeur en 1885. En 1887, au Servat d'en Vaquer, il découvre des fossiles du pliocène (3 à 4,5 millions d'années). En 1894, lors des travaux d'installation de la ligne de chemin de fer Rivesaltes-Quillan, est mis à jour à Estagel, au lieu-dit Moli de Vent, près de la gare, une grotte renfermant des ossements humain set d'animaux datant du paléolithique dont il publiera une étude. En 1909, succédant à Prosper Auriol, il devient le président de la SASL et le restera jusqu'à sa mort. Parmi ses multiples activités, notons qu'il fut correspondant du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, membre de la Société de Géologie, de la Société d'Anthropologie de Lyon, de l'Association Française pour l’Avancement des Sciences, inspecteur des Sites et Monuments Historiques de France. Au plan local, il a été médecin de l'Assistance Publique, de l'Asile des Vieillards, directeur du Service de Santé Départemental de la Croix-Rouge, professeur au Cours Départemental d'Accouchement, président du Comité Départemental de la Protection des Enfants du 1er âge, président d'honneur de la Société des Médecins.

    Pourvu de nombreuses médailles d'or et fait Chevalier de la Légion d'Honneur le 10 août 1895, Albert Donnezan était également Officier d'Académie, Médaillé d'Honneur des Épidémies et décoré de la Société de Secours aux Blessés.

    Atteint lui aussi d'une maladie dont il connaissait l'issue fatale, il est mort en plein travail, le 1er mai 1914. Il ne voulut pas que soient prononcés de discours à ses obsèques « sachant – avait-il dit – ce que valent les oraisons funèbres que l'on prodigue à ceux qui le méritent le moins ». La cérémonie fut cependant suivie à Perpignan par une foule considérable.

    Une tortue géante

    Lors de la séance du 19 décembre 1887 à l'Académie des Sciences à Paris, le docteur Albert Donnezan annonce la découverte d'une tortue gigantesque du pliocène moyen de Perpignan (3 à 4,5 millions d'année). Les grands travaux de terrassement effectués lors de la construction du nouveau Fort de Serrat d'en Vaquer ont mis à jour, à 8 mètres de profondeur, une tortue fossile de 1,20 mètre de long. Elle a été dénommée Testudo Perpiniana. D'autres animaux fossiles ont également été découverts sur ce site, dont un éléphant à défense droite, un tigre dents-de-sabre, un petit cheval, un lynx, un rhinocéros. La tortue a été exposée à la Galerie de l'Évolution à Paris.

    Médecin à Perpignan depuis 1854

    C'est sans doute un fait unique en Roussillon. Depuis 1854 et sans discontinuité jusqu'à ce jour, un Donnezan a exercé la médecine à Perpignan :

    Charles (1802-1874) docteur en médecine et pharmacie, époux de Marie Michel

    Charles (1841-1888) fils du précédent, époux de Marie Vinyes

    Albert (1846-1914) frère du précédent, époux de Louise Bocamy

    Albert (1879-1921) fils du précédent, époux de Thérèse Ducup de Saint-Paul

    René (1887-1944) frère du précédent, époux de Suzanne Rascol

    Albert (1917-2011) fils de rené, époux de Marie-Josée Félix, médecin elle-même

    Bernard (1950) fils de Jean, époux de Hélène Simon, médecin elle-même

    Diane (1986) fille de Bernard, est en dernière année de médecine en 2014

    Article paru dans La Semaine du Roussillon


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