• « Rien ne sert de courir, il faut partir à point. »

    La Tortue, nom prometteur pour ce que l'on nomme à l'époque, une société de tourisme vélocipédique. Il faut y voir un club chargé d'organiser des promenades et des excursions cyclistes, où la recherche de l'exploit sportif est totalement écartée.
    L'article 1 du décret du 6 décembre 1899 est clair : « la société a pour but d'organiser des promenades et excursions vélocipédiques, dans un intérêt d'études scientifiques au point de vue archéologique, botanique et géologique, de réunir les amateurs de cyclisme désireux de trouver des camarades de route, en dehors de toute idée de courses sportives ou professionnelles ».

    « Rien ne sert de courir, il faut partir à point. »

     
    La Tortue s'affiche, fait sa « communication ». On la trouve dans la rubrique des sociétés sportives de l'annuaire de la Haute-Garonne, de 1897 à 1921. On peut lire sa feuille hebdomadaire de convocation aux sorties ou réunions et son bulletin mensuel le 15 de chaque mois. A l'époque, on pouvait rencontrer ses membres tous les mercredi soir à 9 heures au café des Américains, le siège de la société.

    Parmi les deux cents inscrits, se trouvent les deux frères Labouche, Lucien et Eugène, les célèbres éditeurs toulousains de cartes postales. Et dès 1895, Lucien Labouche est nommé secrétaire général.

    « Rien ne sert de courir, il faut partir à point. »

     
    Des promenades courtes s'organisent dans les alentours de la région toulousaine, et à certaines périodes (Pentecôte ou Quatorze-Juillet), elles se déroulent sur plusieurs jours, avec un départ en train de Toulouse pour rejoindre les Pyrénées-Orientales ou les Basses-Pyrénées (aujourd'hui les Pyrénées-Atlantiques). Un circuit est alors préparé, avec des étapes gastronomiques... C'est aussi l'occasion pour ces passionnés de pratiquer la photographie.

    Car un appareil photographique instantané est acheté pour l'usage de la société, une jumelle Carpentier (4,2 x 6) qui sera ensuite échangée contre un appareil d'une plus grande dimension, la Sténo-Jumelle Joux 6,5 x 9. Il est utilisé soit dans les sorties officielles, soit individuellement par les membres de la société. Les photographies prises au cours des excursions sont exposées au salon de la Tortue, au café des Américains.

    « Rien ne sert de courir, il faut partir à point. »

     

    En 1898, il est proposé de créer dans la société une section photographique, avec un petit budget en dehors de celui de la société et la mise à disposition des membres d'un laboratoire avec les accessoires et produits nécessaires aux manipulations. Un appareil à projections permet de montrer, les jours de réunions générales, les ouvres des photographes et les vues d'excursions. Les clichés sont ainsi tirés sur des plaques positives qui sont projetées « à la lumière oxhydrique ».

    Un chargé des services photographiques est nommé, en la personne d'Ulysse Alart. A partir de 1903, le comité décide de commencer une collection de plaques positives de projections qui restera la propriété de la société et non plus celle de chaque amateur en particulier. Il fait appel à tous les photographes de la société les priant de bien vouloir lui communiquer des épreuves de leurs clichés intéressants, de sites ou paysages. C'est le début de la collection photographique de la Tortue.

    Nulle trace de cette activité photographique dans les fonds photographiques des Archives départementales. Grâce au prêt de M. Olive, nous découvrons l'excursion de la Tortue des 11, 12, 13 et 14 Juillet 1897, avec deux circuits, l'un reliant Bourg-Madame, Saillagouse, Montlouis et La Llagonne, l'autre dans les gorges de l'Aude, autour de Carcanières.


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