• Nous ne sommes pas en Bretagne certes, mais nous n'avons pas à rougir de nos dolmens...Jusqu'à présent ils sont près de 150 à être recensés dans le département... Qu'est ce qu'un dolmen ? Où peut-on les trouver ?

    Si au départ, les dolmens étaient souvent considérés comme des pierres faisant office de lieu de sacrifice, il se trouve qu'en réalité ils servaient de tombeau à l'époque préhistorique.

    Bien entendu, lors de cette période les hommes n'ont pas toujours consacré de sépulture à leurs morts, c'est donc dans une préhistoire plus récente que commence à apparaître ce genre de monuments. Les dolmens les plus anciens présents sur la côte atlantique, la Bretagne, le Portugal et les Îles Britanniques datent d'environ 4000 ans avant Jésus-Christ. Dans notre département, ils sont plus récents et datent du début de l'ère du métal soit environ 2500 ans avant Jésus-Christ.

    Malgré tout, les découvertes de ces vestiges reste récentes. Dans les années 1950 seule une trentaine est connue dans le département. Aujourd'hui près de 150 sont inventoriés.

    Les premiers reconnus le sont au début du XIXème siècle, le premier inventaire mentionnant 25 dolmens paraît un peu moins d'un siècle plus tard en 1921. 

    Les dolmens des Pyrénées-Orientales

    Il n'existe aucun dolmen dans la plaine du Roussillon, ils sont situés en région montagneuse et le plus souvent sur un col ou une ligne de crête.

    Les dolmens présents dans le département sont construits à partir de matériaux trouvés sur place : schiste, gneiss, granit et bloc de quartz. Les dalles sont utilisées brutes ou à peine dégrossies. La plupart d'entre elles sont de taille réduite, moins de deux mètres de longueur, comparées à celles utilisées en Bretagne par exemple.

    Aucun ossement n'a jamais été retrouvé, notre terre acide ne permet pas leur conservation.

    Des dolmens dans les Pyrénées-Orientales

    Le dolmen du Moli del Vent à Bélesta

    Des dolmens dans les Pyrénées-Orientales

    Le dolmen de la Balma del Moro à Laroque-des-Albères

    Ce dolmen est particulièrement bien conservé, la dalle de granit qui le recouvre avoisine les trois mètres de long. Elle repose sur une dalle de chaque côté pour former un dolmen de type « à couloir ». Devant l'entrée sont dressées deux pierres qui délimitent le couloir étroit. Cette tombe collective vieille de 4000 ans, témoigne de l'occupation du territoire dès les temps préhistoriques . A cette époque néolithique, des groupes bien constitués se sont formés dans le massif des Albères.

    Des dolmens dans les Pyrénées-Orientales

    Le dolmen de la Cova de l'Alarb à Argelès

    Les dolmens, au nombre de douze dans les Albères, témoigne de la présence humaine dans notre région à la fin de la préhistoire. La commune d'Argelès en compte deux dont celui de la Cova de l'Alarb particulièrement bien conservé. De taille modeste, il a été édifié avec les matériaux trouvés sur place. Il se compose de plusieurs dalles plantées dans le sol et d'une dalle de couverture. Sa forme trapézoïdale et sa chambre restreinte laissent penser qu'il date de la fin du néolithique moyen, c'est-à-dire entre la fin du Vème siècle et la première moitié du IVème millénaire avant Jésus-Christ. Ce coffrage de pierre qui constitue la chambre funéraire était sans doute à l'origine recouvert d'un tumulus. Les dolmens servaient de tombes collectives, Ce dolmen a été classé monument historique en 1958.

    Des dolmens dans les Pyrénées-Orientales

    Le dolmen de la Siureda à Maureillas

    En 1985 un Cérétan qui fait des randonnées dans le secteur découvre le site, il s'agit du premier dolmen recensé à Maureillas, alors que les Aspres, les Albères et le Vallespir en recèlent tous au moins un. Ce dolmen simple qui s'ouvre sur le sud-est (orientation habituelle des mégalithes de Catalogne Nord) possède une chambre pratiquement carrée. Le dolmen et son tumulus sont adossés à l'éminence naturelle.

    Des dolmens dans les Pyrénées-Orientales

    Le dolmen Na Christiana à L'Albere

    C'est une clairière étendue sur un replat, à quelques encablures du Hameau de Saint-Jean. Ici se trouve un grand dolmen : le dolmen de Na Christiana. Ce nom évoquerait « La Chrétienne »- « Na » en catalan voulant jadis dire le ou la devant un nom propre. Quand les celtes païens furent abandonnés pour une doctrine catholiques, tous les anciens lieux de culte furent systématiquement « christianisés » : ici par le nom, mais souvent aussi par des croix gravées, ou carrément par la destruction du monument ensuite remplacé par une chapelle, dans le but avoué de remettre les hérétiques dans le droit chemin. L'ouverture de ces dolmens, quasi systématiquement orientés vers le sud, l'est ou le sud-est, conforterait l'idée d'un culte solaire bien répandu.

    Lexique :

    Dolmen : Il peut être simple ou à couloir. Trois dalles délimitent une chambre carrée ou rectangulaire couverte d'une seule dalle. Si le dolmen est à couloir les supports latéraux sont prolongés par une allée de dalles.

    Tumulus : Tas de pierre ou de terre sous lequel un dolmen peut être édifié, c'est en son centre que l'on retrouve la « chambre funéraire ».

    Menhir : Monument mégalithiques de pierre brute ou légèrement dégrossie, de forme allongée, de hauteur variable (généralement 3 à 10 mètres), fiché verticalement dans le sol et faisant généralement partie d'un ensemble disposé parfois en ligne, parfois en cercle ou demi-cercle.

    Cupule : Creux circulaire fait par l'homme préhistorique sur les dolmens afin de déposer des offrandes alimentaires aux morts. Des rigoles sont aussi parfois creusées pour des offrandes liquides.

    Article paru dans la Semaine du Roussillon


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