• Il y a 10 ans, la FNAC réveillait les Dames de France 

    Le beau bâtiment des Dames de France, construit en 1907, avec sa grande enseigne et sa coupole

    Cela a été attendu, espéré, rêvé depuis des années. Le 4 novembre 2004, la FNAC ouvrait ses portes dans les vieux bâtiments des Dames de France, enfin ressuscités.

    Mercredi 3 novembre 2004. Les Dames de France fermées depuis 15 ans, sont rendues aux Perpignanais. Massé sur la place de Catalogne, refaite de neuf, un millier de badauds assiste au spectacle son et lumière parfois déconcertant organisé pour l'occasion et ouvert à tous. Pour visiter ce mercredi l'intérieur des Dames de France en avant-première, il faut en revanche posséder les précieux sésames délivrés par les commerces, cartons d'invitation siglés In-Oui, Nature & découvertes ou Fnac, les principales enseignes installées fraîchement dans le bâtiment plus que centenaire. Les « happy few » ont ainsi pu applaudir le concert privé de Cali et croiser le« tout Perpignan »

    L'ouverture officielle du magasin a eu lieu le lendemain, le jeudi novembre, avec la foule des très grands jours Un phénomène qui tient parfois de l'irrationnel tant la frénésie d'achat semble forte Fin de semaine l'activité ne se calme pas Les dames et la Fnac accueille personnes pour la seule journée du vendredi.

    15000 personnes à l'ouverture

    Les chalands se pressent encore plus nombreux le samedi, près de 15000 selon les estimations de la direction de l'enseigne culturelle. Le lancement de la Fnac à Perpignan est une réussite en terme de fréquentation. L'arrivée de la Fnac et la réouverture des Dames de France ont bouleversé de manière inimaginable le quartier. Le flux nouveau de population annexe la place de Catalogne, le boulevard Clemenceau dont cette partie était jusque-là désertée. Cet événement le point d'orgue d'une longue histoire. L'aventure des Dames de France commence en 1907. Cette année-là est construit, à la mode parisienne, l'un des plus beaux bâtiments de la ville. Pendants des décennies, le grand magasin perpignanais et les commerces alentours sont synonymes de prospérité de la ville.

    Jusqu'aux années 80, fossoyeuses de cet emblème consumériste. D'autres « palais de la consommation », à l'époque plus modernes, naissent alors à) la périphérie de la ville. Le plus grand magasin qui drainait une clientèle souvent venues des villages et parfois en bus ferme ses portes un triste jour de 1989, laissant tout un quartier moribond. Qui imaginait alors qu'elles resteraient endormies une quinzaine d'années. Ses abords deviennent un désert commercial.

    L'emplacement et la superficie séduisirent pourtant plus d'un investisseur. Pendant dix ans, la « coquille vide » de la place de Catalogne passe ainsi de main en main : un homme d'affaire local, une banque espagnole, un groupe australien. Ce dernier projette en 1998, de transformer les Dames de France en cinéma multiplexe. Le projet ne verra jamais le jour. En 2000, le bâtiment change une dernière fois de propriétaire. Cette fois, c'est la mairie elle-même qui prend les choses en main. Elle cherche un locataire sérieux, une grande enseigne nationale, pour occuper la majeure partie de l'édifice et servir de « locomotive » à la création d'un vaste ensemble commercial. Ce sera la Fnac. Les travaux en vue de la réhabilitation des Dames de France peuvent débuter. Il dureront dix-huit mois et coûteront sept millions d'euros. Jusqu'au soir du 3 novembre 2004, où le spectacle sons et lumières annonce la résurrection publique du lendemain pour les Dames de France.

     

    Il y a 10 ans, la FNAC réveillait les Dames de France

    Le 4 novembre 2004, la réouverture des dames de France bouleversait le centre-ville perpignanais

    Histoire des Dames de France

    1907 – Ouverture du grand magasin des Dames de France

    1963 – La coupole en verre est enlevée et remplacée par une construction en bois qui jure avec l'architecture générale de l'immeuble

    1970 – L'entreprise emploie 300 personnes à Perpignanais

    1986 – Le magasin de Perpignan change de nom et porte l'enseigne Galeries Layette

    1989 – Fermeture des Dames de France à Perpignan. Pendant les années qui suivent, la dégradation du bâtiment s'accentue. Plusieurs projets de reprise ne voient pas le jour, notamment celui d'un groupe australien voulant en faire un complexe cinéma

    1995 – des travaux de démolition débutent et sont stoppés faute de moyens. Les fondations ne sont pas aux normes et l'ossature métallique nécessite d'importants travaux

    1999 – Le 24 juin, les façades et la toiture sont classées Monuments Historiques. La même année, la ville de Perpignan rachète le bâtiment

    2002 – La Fnac annonce sa venue. La construction en bois ayant remplacé la coupole en 1963 est démontée. Les travaux de réhabilitation commencent sous la responsabilité de l'architecte Philippe Pous.

    2004 – Après deux ans de travaux et plus de 11 millions d'euros investis, les Dames de France retrouvent leur beauté d'antan, et s'intègrent dans le nouvel espace de la Place de Catalogne, avec comme enseigne locomotive, la FNAC.


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  • Il y a des années qui marquent, 2014 est de celles-là pour la FNAC. Cette année correspond aux 60 ans du lancement de cette enseigne mutualiste et aux 10 ans de la présence de l'enseigne à Perpignan. Dix ans après son ouverture, la Fnac continue à susciter de l'engouement. « Ce que l'on constate, c'est que nous avons de plus en plus d'adhésions », confie Jean-Yves Damblat, directeur du magasin de Perpignan après avoir conduit celui de Monaco. Arrivé en novembre 2013, le jeune homme n'a pas la mémoire des temps de l'ouverture de la Fnac. « L'ouverture à Perpignan, cela correspondait aux souhaits de la Fnac d'ouvrir dans les villes de plus de 100000 habitants. En plus cela permettait de faire revivre un des plus beaux bâtiments de la ville avec près de 2000 m2 d'espace de vente sur trois niveaux ». L'enseigne ne fêtera pas ses dix ans de présence perpignanaise si ce n'est en collant aux actions prévues avec l'anniversaire des 60 ans de création de la Fnac. Une enseigne à laquelle, comme l'ensemble des personnels du magasin, il est extrêmement attaché. « La Fnac, c'est une enseigne pour laquelle on peut avoir une passion ».

    Une mutuelle à l'origine

    Il y a un esprit particulier qui reste de l'esprit des fondateurs. C'est dans l'ADN de la FNAC, c'est toujours une entreprise sociale. Un peu comme à l'origine où elle était une mutuelle dont l'axe principal était d'offrir de l'aide et du conseil aux gens.

    On est capable à la Fnac de conseiller un client sans arrière-pensée. C'est assez rare aujourd'hui. Les vendeurs, sont des conseillers vendeurs. Ils connaissent leurs produits. Le vendeur de BD connaît toutes les BD à la vente. Il y a du travail en amont ». L'enseigne veut aussi jouer la proximité, travailler avec les éditeurs locaux. Elle élargit aussi sa palette de diffusion, avec un nouveau département « Maison et design » où on trouve des produits comme des cafetières.

    La Fnac élargit son activité de la sphère culturelle d'origine pour investir d'autres domaines, les produits connectés en particulier. Mais la dimension d'entreprise sociale reste pour les salariés du magasin. Quelques-uns d'entre eux, qui sont là depuis l'ouverture du magasin à Perpignan, insistent : « Travailler à la Fnac c'est un plaisir ». Un plus pour une marque qui reste valorisante pour la ville.

    Les 60 ans de la FNAC

    En 1954, André Essel et Max Théret, deux militants d'extrême gauche, décident de créer un outil pour les consommateurs. Le 1er mars, les deux jeunes hommes, qui ne veulent surtout devenir commerçants, lancent la Fédération Nationale d'achat des cadres soit la FNAC. Essel et Théret proposent à leurs adhérents des produits culturels moins chers en obtenant des remises chez les producteurs ou des commerçants agréés. Premiers produits vendus par la fédération, les appareils photos. La Fnac dispense alors aux adhérents des conseils sur les appareils. Cette image de conseilleurs plutôt que de vendeurs est restée une des marques de l'enseigne qui a depuis bien évolué quand même. La gamme s'élargit aux disques puis aux livres, avant d'attaquer, dès 1978, les produits informatique. Parisienne à sa création, elle se déploie bientôt en province. La Fnac s'introduit en bourse en 1980, en sort en 1994, est finalement reprise par le groupe Pinault-Printemps-Redoute, le PPR de François Pinault. Les années 2000 marquent les difficultés pour l'entreprise qui, sous la houlette d'Alexandre Bompard, ancien patron d'Europe 1 et arrivé en 2011, commence à se diversifier, dans l'électro-ménager notamment. En 2013, la Fnac quitte PPR et est à nouveau introduite en bourse. De quoi repartir de l'avant pour la belle sexagénaire, dont l'image reste toujours aussi aguichante.


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